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Grandinote


Grandinote et 080, ou l'histoire d'une rencontre heureuse, imprévue. On se demande en effet comment on en arrive à croiser la route d'appareils aussi confidentiels ?


Un copain nous en parlait depuis un bon moment, mais parmi des milliers de possibilités généralement décevantes, comment supposer que, derrière un look pas franchement attrayant (même si pour beaucoup c'est secondaire, ça n'aide pas à convaincre ; ou même si au contraire ce côté appareillage de labo peut séduire), se cache une offre consubstantielle ?


Puis invité(s) au salon de Staccato à Nantes en novembre 2016 en tant que distributeur Tune Audio, Stein Audio et Acoustic Solid, nous avons eu le plaisir de constater que M'sieur Staccato nous avait gentiment alloué une belle salle où il avait associé nos précieuses Marvel de Tune Audio à une ligne complète Grandinote, lecteur réseau / DAC Volta, préamp phono Celio, préampli Domino et deux blocs Futura.


Et… Ben… Comment dire... eh ben, pas de doute : on flirtait avec les cimes. Les cieux…

Notre grand ami Manolis (Tune Audio) qui est aussi de la fête nous confirme que les deux marques (Grandinote et Tune Audio, essayez de suivre…) sont souvent associées, Grèce, Italie, Angleterre, Suède…


Du coup… Non, pas du coup, je (nous) me suis interdit de dire « du coup ».

Et par conséquent donc de fait (du coup, quoi) nous je nous sommes immédiatement intéressé à ce bel italien.

 

Par où commencer dans l'étrange gamme Grandinote ?


Etrange parce que si on comprend qu'elle respecte une logique, les noms des appareils ne laissent aucune chance d'en comprendre la hiérarchie. Voire l'inspiration.


Alors allons-y dans le désordre.

D'abord, d'abord, y a le Shinai

Lui qui est comme un gros lion

Lui qu'a un gros châssis

Lui qu'a un drôle de nom

Lui qui n'en peut plus

Tellement qu'il est bon

Allons, un peu de sérieux.

 

Un Shinai qu'est-ce que c'est, à part l'arme d'entraînement au Kendo, faite en bambou ? (je frime, je frime, mais je ne le savais pas…)


C'est un intégré déjà costaud (40 kgs, ça commence à compter pour le dos) dont le poids n'est pas dû au châssis assez banal en métal, on ne peut pas dire que l'esthétique grève le prix.

A ce sujet, voilà un excellent exemple de la démarche Grandinote : on ne paye pas l'inutile, on va au plus direct, tout doit être au service de la force expressive, pas de fioriture, pas de gadget, pas de concession à la mode.


Un intégré donc, 37 w (par côté, y en a deux, qui demandent chacun une alimentation secteur (eh oui, deux fois le même circuit complet montés en miroir, donc deux transfos d'alimentation)) pure classe A, fondé sur un schéma d'ampli à tubes (en gros), sortie sur transformateurs, pas de contreréaction, liaison inter-étage directe (pas de condensateur).

Bon, c'est bien gentil tout ça, mais et alors ?


Et alors l'esprit est le même que les Aries Cerat : une volonté de bâtisseur, avec un soupçon de moindre richesse harmonique qu'un Genius par exemple, mais une meilleure tenue et universalité (c'en est même étonnant) et ce même sens de l'architecture sonore enrichie d'une myriade infinie (c'est pas un pléonasme ça ?) de modulations souples et élégantes ou trapues et herculéennes.


Le Shinai sait aussi bien babiller que cogner avec un punch sidérant et un sens du swing digne des meilleures années du jazz, broder sur soie que jouer les bulldozers.

Et par rapport au Genius d'Aries Cerat, il faut quand même tenir compte d'un encombrement nettement moindre.


Qui plus est pour se rapprocher plus encore de l'extraordinaire éloquence musicale du Genius, on peut envisager l'Essenza d'un prix comparable, encore un peu en dessous, peut-être, mais là aussi nettement plus logeable !


L'abondance expressive des rarissimes vrais bon amplis à tubes dans un encombrement compact, avec une maîtrise exceptionnelle des charges d'enceintes les plus complexes. Mais évidemment aussi des plus libérées, telles les AVA de ppfff (association d'anthologie) ou les Prime, Marvel ou encore Anima de notre chouchou Tune Audio, et bien évidemment les fauves SON de Wolf von Langa.


Ensuite, toujours dans un souci de rationaliser au mieux les coûts au profit de la qualité, Massimiliano a concocté des versions plus puissantes en utilisant le même châssis mais en le multipliant, et ainsi de suite vers des éléments séparés dont trois préamplis ligne.

Ainsi, moi, pour ne pas faire comme tout le monde (en l'occurrence on se demande qui est « tout le monde », je me sens un peu seul sur le coup), j'ai choisi de présenter l'Araldo qui est l'évolution Magneto-Solid VHP du Silva, un bloc de puissance donc, auquel j'adjoindrai selon l'humeur un préampli Proemio ou Domino ou Genesi, ou Aries Cerat Incito ou Impera II… « A tout seigneur tout honneur » dit l'expression populaire. Est-ce réellement ce que pense le peuple ? Je vous le demande.


Domino, je l'ai écouté avec les blocs Futura et je dois dire que ça m'a (nous a ?) laissé sans voix.


Si si, je vous assure, c'est possible, je peux rester sans voix.


Je frissonne encore en ressentant la nitescence sans faille de l'ensemble toujours bâtie sur le sens de la matière et du corps qui sont la marque de Grandinote. Enfin… Grandinote, c'est la marque. Euh, comment dire : son signe distinctif ? Sa personnalité ? Sa marque de fabrique ?


Des croisements de couleurs si bigarrés, la substance des timbres, le tout dans une aperception charnelle de la musique, rares instants où la précision permet aussi bien de relever méthodiquement la partition que de vivre organiquement l'instant émotionnel ! Du Grand Art ! Grande Arte ?? Grandinote ???


Et tout ça nourri par deux sources Grandinote, c'est dire !


A savoir le Volta et le Celio.


Le Volta est un lecteur de réseau / DAC super facile à utiliser et qui chante comme pas deux. Faut expliquer qu'il est si intégralement voué à l'art qu'il n'y aucun besoin d'un autre : Musique incarnée, frémissement de la chair, sourires et doutes, l'humain dans les électrons, un de ces trop rares appareils à propos desquels on ne se pose aucune question dès que survient la musique, la certitude du naturel et ce, qu'on lui demande du dansant, du percutant, du suave, du cérébral, du chargé ou du léger, du boisé ou du cuivré, de l'animé ou du religieux, de l'inspiré ou de l'énergique, du trivial ou du raffiné…


Une merveille qui en remontre à des combinaisons nettement plus complexes et coûteuses, et même probablement un joujou sans équivalent ! Qu'on oublie totalement au profit de l'essentiel, de ces objets qui enterrent la hache de guerre entre numérique et nanalogique.


Le Celio est un préampli phono MM/MC, qu'on peut utiliser en symétrique à condition d'en avoir deux. Celio(s). Et qui chantent comme deux fois un dans ce cas.


Je vais faire simple sur le sujet : venez donc savourer ce que peut donner une combinaison La Verdier + Graham Phantom II en 12 pouces + cellule Stein Music Aventurin 6 + Celio…


Mais évidemment, comme ces gens ne savent pas nous laisser en paix, ne serait-ce que parce qu'ils sont d'éternels insatisfaits (à ne pas confondre avec ceux qui renouvellent les produits essentiellement pour continuer de faire parler d'eux, suivez mon regard… Oui, enfin non, disons plutôt ma pensée…), Massimiliano a continué de bosser sur ses précieux circuits pour mitonner un nouveau préampli, évoqué plus haut le Genesi.


Evidemment supérieur au Domino. Ben tiens…


Un peu contraignant quand même parce que les entrées sont toutes symétriques. Ses sorties itou.


Au début, à la découverte de ce machin qui ressemble aux autres modèles (l'effort sur le look, c'est pour plus tard… (C'est quand même dommage quand on a affaire à des champions du design comme Aries Cerat, fin de la parenthèse dans la parenthèse), on se dit « bof ».


Ou « mouais »

Ou « faut voir »

Ou « scrogneugneu »

Ou « Schopenhauer », mais c'est vraiment parce que ça passe par l'esprit.


Ou est-ce précisément parce que lentement s'installe l'impression que le Genesi est tourné vers l'eudémonisme ? Pas très Schopenhauer tout ça me direz-vous.


Ou bien vous me direz « ça t'embêterait vraiment de passer à l'essentiel ? »


mmmhhh…


Les premiers tours de roue (…) indiquent d'emblée une transparence accrue face au Domino, une définition incontestablement plus fine, un peu plus d'air aussi, mais accompagnés aussi d'un excès d'austérité, d'un poil (…) de retenue, de sérieux, bref de raideur. Un poil de raideur, voyez le genre… Ça ne veut rien dire un poil de raideur. Et pourtant…


Et puis lentement, imperceptiblement, et enfin sensiblement, la perspective se déploie, les rebonds s'affinent, la concentration est happée révélant que cette rigueur est tout simplement une minutie et une droiture qui livrent une vérité sans fard, et on prend alors conscience que le swing est plus nuancé, les fins de notes déclinent dans un amorti magnifique, les timbres s'épanouissent dans une farandole de pépites délicates, jadis simplifiées… Bref, la musique gagne en sensibilité, en vérité, les silences sont profonds et pleins, les frémissements plus émouvants et les explosions moins saillantes parfois tout simplement parce que plus conformes à la réalité. Maîtrisées…


Et on ne peut plus se passer du machin !!!!!


Zut, on s'est fait avoir !


Heureusement, comme Massimiliano est un malin, il a vite enchaîné sur un intégré qui reprend la structure de l'Araldo (ou l'Essenza, c'est pareil) sur lequel il a greffé un étage d'entrée issu du Genesi ! Et ça donne : le Supremo. Exclusivement symétrique donc.


Grandioso, non ?


Grandinote : la beauté originelle de la culture latine, la sensualité, la richesse poétique, l'expansionnisme lyrique.

 

 

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Le site de Grandinote :

http://www.grandinote.it/